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 Le débarquement de Dieppe

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Gustite
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MessageSujet: Le débarquement de Dieppe   Lun 19 Mar 2012 - 13:34

Le débarquement de Dieppe

Le débarquement de Dieppe ou opération Jubilee fut une opération amphibie Alliés de faible envergure sur les côtes à l'ouest de France occupée, menée le 19 août 1942 sur le port de Dieppe. Cette opération laisse un goût amer aux Canadiens car les troupes engagées furent décimées alors que la tournure des opérations tourna en peu de temps au désastres.Ce raid avait pour but de tester ce fameux Mur ;l'Angleterre apparait ainsi comme un tremplin servant de base à toute opération future.Très rapidemment, les Alliés mettent au point une opération militaire qui vise principalement à tester les défenses allemandes qui font face à l'Angleterre. Pour ce faire, 5000 Canadiens, 1100 Britanniques, 56 américains et 15 Français (France Libre) sont mis en alerte durant l'été 1942.De plus cette opération devait aussi servir a tester le systeme radar des Allemand et d'en comprendre leur fonctionnement.Les soldats sont parfaitement au courant que ce Raid n'a pour but de libérer le continent , de même des tracts sont prévu a être remis au civil expliquant ce fait.


Cette opération, si elle n'est pas destinée à remporter une victoire décisive, doit cependant apporter des renseignements très importants aux forces alliées en préparation d'un débarquement de plus grande importance dans les mois qui suivent, toujours au nord-ouest de l'Europe, alors également en cours de préparation (Opération Overlord).

Dans l'aube brumeuse d'un jour d'août 1942, une armada de 250 navires de toutes tailles se dirige vers les côtes françaises de la Manche.







Elle emporte près de 10 000 hommes de troupe et marins, pour ce qui sera le plus grand raid de la Seconde Guerre mondiale. 74 escadrilles de chasseurs et de bombardiers en assureront la couverture aérienne.

Pour la première fois dans la Seconde Guerre mondiale, des hommes vont se ruer à l'assaut de ce que les Nazis appellent "Festung Europa", la Forteresse Europe.


Depuis plusieurs mois, Staline insiste de plus en plus fermement auprès des gouvernements américain et britannique sur l'urgence d'ouvrir un second front à l'ouest de l'Europe afin d'obliger l'Allemagne à redistribuer ses forces et à diminuer ainsi la pression qu'elles font subir à l'Armée Rouge. Roosevelt et l'État-major américain laissent entendre à Molotov, ambassadeur de Staline à Washington, qu'un débarquement pourrait avoir lieu sur les côtes françaises au cours de l'année 1942.






118 Sqn while deployed to Tangmere for the Dieppe Raid - Aug 1942

Churchill est très réticent à l'initiative américaine car sa vision politique du conflit le pousse plutôt à considérer qu'un débarquement en Afrique du Nord, et ensuite dans les Balkans "ventre mou de l'Europe", conviendrait mieux aux intérêts britanniques. Néanmoins, afin de donner des gages de bonne volonté aux Russes au moindre coût, car il doute désormais de leur capacité de résister beaucoup plus longtemps à la pression allemande, il accepte qu'une opération de portée limitée soit lancée sur les côtes françaises. Ce sera "l'opération Rutter".


L’opération Rutter sera une opération de portée limitée sur les côtes françaises dont le port de Dieppe sera l'objectif.

Lord Mountbatten, proche du roi George VI et chef du Quartier général des opérations combinées depuis mars 1942, est chargé de l'organisation de cette opération, à laquelle participeront la marine et l'aviation britanniques ainsi que quelques navires des Forces navales françaises libres. Les troupes d'assaut seront constituées par des unités du Corps d'armée canadien, commandé par le général Crerar. Aucun militaire canadien ne participe à la planification du raid.




Soldats canadiens débarquant d'une péniche de débarquement pendant une répétition précédant le raid sur Dieppe.

L'opération Rutter doit se dérouler début juillet 1942. Elle est annulée, en raison des très mauvaises conditions atmosphériques qui règnent sur la Manche, alors que les troupes d'assaut sont embarquées depuis plusieurs jours à bord des bateaux qui devaient les déposer sur la côte française. Pour l'État-major britannique et pour le Général Montgomery, commandant en chef des Forces britanniques du sud de l'Angleterre, l'annulation est définitive, puisque, entre autres raisons, le secret de l'opération ne peut plus être assuré du fait que plusieurs milliers d'hommes ont regagné leur cantonnement à terre. Le succès d'une reprise de l'opération paraît, dans ces conditions, sérieusement compromis.



Tel n'est pas l'avis de Mountbatten et de ses collaborateurs du Quartier général des opérations combinées qui, avec la plus grande désinvolture et soumis par ailleurs aux pressions américaines, décident, de leur propre autorité, la reprise du raid quels qu'en soient les risques. Cette décision est d'autant plus facile à prendre que Montgomery est alors affecté en Égypte et que le Contre-amiral Baillie-Grohman, commandant les forces navales de l’opération, qui avait, lui aussi, manifesté de sérieuses réserves, est remplacé par le Capitaine Hughes-Hallett, bras droit de Mountbatten.


Opération Jubilee


L'opération Jubilee est lancée. Elle repose désormais exclusivement sur les épaules des troupes d'assaut de la 2e division canadienne commandée par le général Roberts. Ses hommes, pour la plupart, ont suivi un entraînement intense au Royaume-Uni mais n'ont jamais été exposés à l'épreuve du combat.



Les troupes canadiennes s'apprêtent à débarquer. Source : Service historique de la défense

Le 19 août 1942, à 4 h 45, les troupes canadiennes et deux commandos britanniques accompagnés de 50 rangers américains et de quelques "Français libres" vont débarquer, sur un front de 20 km en quatre points de la côte de part et d'autre du port de Dieppe où sera porté l'effort principal une demi heure plus tard. Depuis Berneval et Puys, à l'est, jusqu'à Pourville et Quiberville, à l'ouest... une côte inhospitalière, bordée par des plages de galets que surplombent les parois verticales des falaises que l'État-major allemand a truffées de défenses de toues sortes : batteries de canons à longue portée, mortiers, nids de mitrailleuses, bunkers bétonnés, emplacements de tir individuels. Des réseaux de fil de fer barbelé hauts de plusieurs mètres encerclent la ville et obstruent les rares ravines qui permettent d'accéder au sommet des falaises où l'ennemi s'est retranché. C'est à l'assaut d'une véritable forteresse que 5 000 hommes vont se lancer. 1 200 d'entre eux y trouveront la mort et 3 000 y seront blessés ou faits prisonniers.


A cinq heures du matin, les troupes alliées débarquent sur les plages du Nord de la France et sont accueillies, malgré l'effet de surprise, par des tirs nourris et meurtriers. Les soldats allemands, appartenant à la 302ème division d'infanterie, profitent de leurs positions idéales pour la défense : en effet, les positions allemandes sont situées au sommet de hautes falaises et les galets qui parsèment la plage ralentissent la progression de l'infanterie et des chars alliés.


Berneval

Au large de Berneval, 23 péniches de débarquement transportent le Commando 3. Sept d'entre elles seulement atteignent la côte. Les autres ont été dispersées à la suite d'un combat avec des navires allemands faisant route sur Dieppe et dont la présence a été signalée à deux reprises par l'Amirauté britannique au Capitaine Hughes-Hallett, commandant les forces navales de l'opération, qui ne reçoit pas les messages... ou les ignore délibérément. La défense allemande est en alerte. L'opération se poursuit.


120 hommes et quelques Rangers américains à bord de 6 péniches débarquent, à l'est de la position qu'ils doivent attaquer. Ils sont immédiatement cloués sur la plage par le feu des défenseurs allemands retranchés au sommet de la falaise et qui tirent comme à l'exercice. Ils luttent âprement pendant plus de 5 heures, puis, succombant sous le poids de leurs morts et de leur blessés, ils sont contraints de se rendre.


La 7e péniche dépose le Major Peter Young, 3 officiers et 17 hommes à l'ouest de la position, en face de la gorge du "Val au Prêtre" dans laquelle ils s'engagent. Ils grimpent le long de la falaise en s'agrippant aux réseaux de fil de fer barbelés et attaquent avec un armement réduit la batterie côtière de sept canons qui domine la mer et en neutralisent l'action pendant plus de deux heures.



Puys


À quelques centaines de mètres à l'est de l'entrée du port de Dieppe, la falaise de Puys se dresse verticale au-dessus d'une plage étroite, barrée par un mur haut de 4 mètres surmonté par des rouleaux de fil de fer barbelé. Les pièces d'artillerie que les Allemands y ont installées commandent directement l'entrée du port de Dieppe et toutes les maisons qui bordent la falaise et la plage ont été transformées en blockhaus. Les 600 hommes du Royal Regiment of Canada et du Black Watch of Canada lancés à l'attaque ne pouvaient trouver pire comme point de débarquement. La première vague d'assaut aborde le rivage avec 20 minutes de

[url=http://1.bp.blogspot.com/_YYMeAu4i7gA/TG_XOaPg6oI/AAAAAAAAIq8/AGovI-GxfCM/s1600/dieppe-raid-august-19-1942-2e GM-history-in-pictures-images-003.jpg][/url]

retard sur l'horaire prévu. Le jour est maintenant levé. La défense allemande est en état d'alerte permanente.

Des tirs d'armes automatiques, des explosions d'obus et de grenades, des tirs de mortiers d'une violence inouïe immobilisent les hommes sur la plage, alors que leurs camarades sont tués ou blessés avant même d'avoir pu quitter la passerelle de leur péniche. Un enfer mais aussi une tragédie. En cinq minutes le bataillon est réduit à l'effectif de quelques dizaines d'hommes et le carnage ne fait que s'aggraver au fur et à mesure que débarquent les vagues d'assaut suivantes. À 8h30, après 3 heures de martyr, ce qui reste du Royal Regiment of Canada rend les armes.

Seuls quelques hommes, sous le commandement du Colonel Catto, ont pu dépasser la plage, grimper sur la falaise et s'emparer de deux maisons fortifiées. Mais leur retraite est rapidement coupée. Isolés en terrain ennemi, ils sont contraints de se rendre quelques heures plus tard.



Varengeville

A l'ouest de Dieppe, Lord Lovat, qui s'illustrera plus tard lors du débarquement de Normandie, débarque entre Quiberville et Sainte-Marguerite-sur-Mer avec 160 hommes. Le commando progresse rapidement vers l'intérieur des terres le long de la vallée de la Sâane pour prendre à revers la puissante batterie côtière de 6 canons de 150 mm qui interdit l'entrée du port de Dieppe, tandis que par la valleuse de Vasterival, Mills-Roberts, adjoint de Lovat, et ses 90 hommes attaquent de front. Les deux groupes chargent à la baïonnette, neutralisent la batterie, détruisent les canons, et redescendent sur la plage où ils rembarquent emmenant leurs prisonniers. Modèle d'exécution, ce fut la seule phase de l'opération sur Dieppe qui se déroula comme prévu.



Pourville

Au même moment, à Pourville, le South Saskatchewan Regiment est mis à terre avec mission de tenir la plage et la ville afin de permettre aux Queen's Own Cameron Highlanders of Canada, qui débarqueront une demi-heure plus tard, de faire leur jonction avec les chars du régiment de Calgary qui doivent accoster à Dieppe, en vue d'attaquer l'aéroport de Saint-Aubin et le Quartier général de la division allemande que l'État-major britannique croit situé à Arques.



Le South Saskatchewan Regiment, qui devait aussi s'emparer d'une station de radar située sur la falaise et la détruire après en avoir prélevé les instruments scientifiques, échoue dans sa tentative. Les Queen's Own Cameron Highlanders of Canada progressent de 1,5 km à l'intérieur des terres jusqu'au village de Petit-Appeville. Attaqués par le 571e régiment d'infanterie allemand arrivé en renfort, ils doivent refluer vers la plage où ils retrouvent les hommes du lieutenant-colonel Merritt qui couvrent héroïquement leur retraite sous le feu des défenses allemandes, tandis qu'est coulée la moitié des péniches qui devaient les rembarquer.



Dieppe

L'assaut principal sur Dieppe est lancé à 5h20 par le Royal Hamilton Light Infantry et par l'Essex Scottish Regiment. Au moment où les embarcations approchent de la rive, des chasseurs et des bombardiers légers de la Royal Air Force et de la Royal Canadian Air Force attaquent, tandis que d'autres livrent des combats sans merci aux avions de la Luftwaffe. Les canons de quatre destroyers de la Royal Navy pilonnent sans discontinuer les fortifications allemandes.



Les tirs meurtriers de la défense allemande qui prennent la plage et la Promenade en enfilade sèment la mort parmi les hommes du Royal Hamilton Light Infantry . Ils se lancent à l'assaut, traversent la plage sous un déluge de feu et parviennent, après une heure de combat, à pénétrer dans le casino que les Allemands ont transformé en blockhaus et qui est très puissamment défendu. De petits détachements progressent au-delà de la Promenade et pénètrent dans l'agglomération. Celui que commande le Capitaine Hill atteint même le centre de la ville près de l'église Saint-Rémy, mais, isolés, ses hommes sont bientôt contraints de refluer vers la plage.



Le sergent Hickson et son groupe de 18 hommes dont la mission est de faire sauter le central téléphonique, traversent le casino et le théâtre, pénètrent dans la ville et attaquent, au corps à corps, un point d'appui allemand dont ils éliminent les défenseurs et parviennent à regagner la plage.



A l'est de celle-ci, l'Essex tente à plusieurs reprises de franchir le mur qui le sépare de la Promenade sans y parvenir, tant est intense le feu de l'ennemi. Seul le groupe du Sergent-major Stapleton parvient à ouvrir une brèche dans les barbelés, à traverser le terre-plein de la Promenade et à progresser de maison en maison vers le port.



Les 9 chars du régiment de Calgary qui devaient soutenir l'assaut de la première vague ont été débarqués par erreur trop à l'ouest de la plage et avec 15 minutes de retard pendant lesquelles l'infanterie est privée d'appui-feu. L'effet de surprise qu'ils devaient provoquer est perdu.



29 chars au total ont été débarqués durant l'opération. La moitié d'entre eux seulement atteint la Promenade mais sans pouvoir pénétrer dans la ville. Depuis le début des combats, le Major-général Roberts, commandant en chef des opérations terrestres, ne reçoit à bord du Calpe, que des renseignements fragmentaires et, par conséquent, inexacts sur ce qui se déroule réellement à terre car les moyens de transmission de la plupart des unités à terre sont détruits ou endommagés. Il croit que l'Essex a pu pénétrer dans la ville, alors qu'il ne s'agit que du petit groupe de Stapleton... et afin d'exploiter la situation qu'il pense encore favorable, il prend la décision de faire débarquer les 600 hommes des Fusiliers Mont-Royal. Ce qui ne fait qu'accroître les pertes en vies humaines et ajouter au drame.



A 7 heures, à bord de 26 vedettes, les Fusiliers Mont-Royal approchent sous un feu implacable. À leur tête, le Lieutenant-colonel Ménard, grièvement blessé dès l'accostage, débarque avec ses hommes qui sont immédiatement cloués sur la plage.



Seuls quelques-uns d'entre eux, commandés par le Sergent-major Lucien Dumais, parviennent à pénétrer dans la ville, mais harcelés par les patrouilles allemandes ils refluent vers le casino et sont faits prisonniers. D'autres avec Pierre Dubuc, traversant toute la ville, s'infiltrent jusque sur les quais du port où ils attaquent un bateau allemand. Cernés, à court de munitions, ils sont faits prisonniers eux aussi mais réussissent à s'échapper et à regagner la plage où ils rejoignent leurs camarades avec lesquels ils se défendent désespérément à l'abri précaire du mur qui borde la Promenade. Au milieu d'eux, le capitaine Foote, aumônier du Royal Hamilton Light Infantry, se dévoue sans souci des risques auprès des blessés et des mourants.



Roberts a fait aussi débarquer le Commando "A" des Royal Marines. Le Colonel Phillips à la tête de sa formation s'approche de la côte sous un feu terrible et se rend compte immédiatement de l'impossibilité absolue de tout débarquement. Debout sur le pont de son embarcation il fait signe aux autres bateaux de faire demi-tour afin de se mettre à l'abri de l'écran de fumée, jusqu'à ce qu'il s'écroule mortellement atteint, sauvant ainsi la plupart de ses hommes.



Quatre heures après que les premières vagues d'assaut ont été débarquées l'échec de l'opération est total, en dépit des remarquables succès locaux obtenus par les groupes de Peter Young et de Lord Lovat. C'est aussi un désastre stratégique. Légèreté et improvisation dans la préparation, manque de jugement, dilution des responsabilités, choix désastreux du site de débarquement, tel est le diagnostic que ne manquera pas de poser l'État-major allié qui en tirera les leçons pour assurer le succès du débarquement en Normandie deux ans plus tard.



Rembarquement


Mais à Dieppe, le 19 août 1942, "Vanquish", nom de code pour l'ordre d'évacuation des plages, est lancé pour 11 heures. Les opérations de rembarquement s'effectueront sous la protection des canons du Calpe et des autres destroyers qui se sont avancés le plus près possible de la plage.






La Royal Air Force et la Royal Canadian Air Force multiplient leurs attaques tandis que s'intensifient les tirs de la "Flak", la défense antiaérienne allemande. 106 avions ne rejoindront pas leur base au Royaume-Uni.

À Vanquish, à 11 heures, la marée est basse et laisse toute la plage à découvert ; les hommes vont devoir la franchir sans aucune protection pour se jeter à la rencontre des bateaux sauveteurs. Le tir incessant des armes automatiques, celui des mortiers, les explosions d'obus, le hurlement des avions qui attaquent en piqué, les cris des blessés enfin, transforment la plage en un véritable enfer et le repli en carnage.







Pendant que les rares rescapés regagnent le Royaume-Uni, là-bas, des captifs par centaines entament leur longue marche vers les camps de prisonniers. Les blessés et les morts, eux, gisent sur les plages, là où ils sont tombés, tandis que la mer montante les recouvre peu à peu.



L'Opération Jubilee est terminée, les pertes sont catastrophiques pour les Alliés, mais à présent le Mur de l'Atlantique est testé.



Bilan

D'un point de vue humain, l'Opération Jubilee est une véritable catastrophe. Sur les 6086 soldats alliés engagés, 4397 sont portés disparus, faits prisonniers, ont été blessés ou tués.
Les Canadiens ont le plus souffert de cette attaque : 907 d'entre eux ont été tués.





Soldats canadiens faits prisonniers à Dieppe


Les Alliés établissent rapidement des nombreux rapports qui permettent de comprendre pourquoi l'opération a pris une telle ampleur. Les constatations les plus nettes sont les suivantes : le manque de soutien aérien a fait défaut aux forces débarquées, un bombardement préalable aurait certainement handicapé de manière considérable les troupes allemandes tandis que le soutien blindé était inefficace.
L'Opération Jubilee apporte de très nombreuses informations extrêmement importantes aux dirigeants alliés qui ont désormais testé la réactivité des forces allemandes derrière le Mur de l'Atlantique. Ces renseignements, payés au prix du sang par les soldats Alliés, seront très utiles aux militaires dans le cadre de la préparation de l'Opération Overlord.

















Photo:avec l'aimable autorisation de Christophe (saeseetin).
Auteur : Eric

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Liesse Francis
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MessageSujet: Re: Le débarquement de Dieppe   Lun 19 Mar 2012 - 20:05

Bonjour,
Parfait, très bon et détaillé récit de cet épisode sanglant de la dernière guerre.
C'est peut-être la seule fois ou Lord Mountbatten aurait dû suivre les conseils de Montgomery (qui fit les plans initiaux) il demandait un appui aérien et un bombardement précédent le débarquement
Très bon post
Amicalement
Francis
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MessageSujet: Re: Le débarquement de Dieppe   Lun 19 Mar 2012 - 20:34

bravo pour la récupération de cette article du site de Eric
un tres bon resumé
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francis.d
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MessageSujet: Re: Le débarquement de Dieppe   Mar 20 Mar 2012 - 14:30

Bonjour,

Excellent article sur la tentative de débarquement à Dieppe !

Est-il indiqué de poursuivre - ici ou ailleurs - en abordant les aspects autres que militaires comme l'instrumentalisation du raid par la propagande allemande et vichyste, la question controversée sur la passivité des Dieppois, la libération, sur ordre de Hitler, des prisonniers de guerre de Dieppe et de ses environs…. ?
A vous de juger !

Cordialement,
Francis.D
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Gustite
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MessageSujet: Re: Le débarquement de Dieppe   Mar 20 Mar 2012 - 15:14

francis.d a écrit:
Bonjour,

Excellent article sur la tentative de débarquement à Dieppe !

Est-il indiqué de poursuivre - ici ou ailleurs - en abordant les aspects autres que militaires comme l'instrumentalisation du raid par la propagande allemande et vichyste, la question controversée sur la passivité des Dieppois, la libération, sur ordre de Hitler, des prisonniers de guerre de Dieppe et de ses environs…. ?
A vous de juger !

Cordialement,
Francis.D
Bonjour Francis,
Avec plaisir si tu as des choses à nous apprendre, tu es le bienvenue sur le post Very Happy

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francis.d
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MessageSujet: Re: Le débarquement de Dieppe   Mar 20 Mar 2012 - 23:43

Bonsoir,

Que s'est-il passé exactement après le raid sur Dieppe ? Quelle fut la part de réalité et celle de la propagande à propos de la passivité des Dieppois ?

Un rapport de Rundstedt signale qu'à 16 heures, le jour du raid, la vie de Dieppe était redevenue normale et que tous les magasins étaient rouverts. Il ajoute que l'attitude de la population a été "non seulement irréprochable, mais absolument loyale". Rappelons que quelques mois auparavant, lorsqu'un commando avait fait sauter la grande forme de radoub de Saint-Nazaire, des civils s'étaient battus aux côtés des Anglais. Cette fois, suivant un rapport de la résistance française, certains habitants ont aidé les Allemands à capturer des soldats britanniques.

Quoiqu'il en soit, le lendemain du raid, les autorités allemandes, sur ordre d'Hitler, proposèrent au maire de Dieppe, René Levasseur, la Croix de Fer, ainsi qu’une somme d'un peu moins de l'équivalent de 10 millions d'euros actuels pour récompenser les Dieppois de leur "loyauté".
Le maire de Dieppe, plutôt que d'accepter cette proposition, demanda en échange la libération des prisonniers de guerre de Dieppe et de sa région.
Trois jours plus tard, Hitler donne son accord et ordonne la libération de 1.581 prisonniers.
Le 31 août, le commandement allemand fait paraître un communiqué :
Citation :
L'attitude de la population française a été plus que correcte; malgré les pertes qu'elle a subies, elle a assisté les troupes allemandes dans leur combat en leur rendant des services de toute nature. Elle a éteint les incendies, soigné les blessés, pourvu les formations combattantes de vivres et de boissons. En reconnaissance de cette attitude, les prisonniers de guerre domiciliés dans les localités du secteur de combat de Dieppe seront libérés.
Au prochain numéro, l'attitude de Vichy.

Cordialement,
Francis.D
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Gustite
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MessageSujet: Re: Le débarquement de Dieppe   Mar 20 Mar 2012 - 23:50

Sacré pavé dans la mare Francis. Une page de le l'histoire que j'ignorais totalement et que je trouve plutôt choquante...

C'est sur que l'année 1942, l'Allemagne est encore au "sommet" de sa puissance militaire, et les Français sont loin de penser à une libération rapide de notre territoire.

Alors propagande Allemande ou réalité du terrain???

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MessageSujet: Re: Le débarquement de Dieppe   Mer 21 Mar 2012 - 0:26

Bonsoir,

Restons toutefois prudent ! Il est vraisemblable que la propagande allemande a monté l'affaire en épingle.
Par ailleurs, les réactions de Vichy furent accablantes. Mais laissez-moi le temps de rassembler mes notes.

Cordialement,
Francis.D

PS. Il me semble que le forum compte plusieurs hôtes de nationalité canadienne. Ont-ils des informations plus précises sur cet épisode ? Il y a quelques années, un correspondant canadien me confiait, à propos du raid et de ses suites qu'il valait mieux ne pas réveiller les vieux démons (sans autres précisions).
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GS.59
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MessageSujet: Re: Le débarquement de Dieppe   Mer 21 Mar 2012 - 9:50

Il est vrai qu'à aucun moment on a pensé que ce débarquement pouvait libérer le continent, d'ailleurs rien n'était prévu en terme logistique pour cela.
C'est terrible de se dire que l'on se doutait de l'issue de ce raid...
Hélas la victoire était à ce prix et bien d'autres sacrifices furent nécessaires, comme le sacrifice de réseaux complets de Résistance pour tromper l'ennemi...

Gustite rappelle qu'à cette époque, l'Allemagne était encore triomphante sur presque tous les fronts; on peut se demander si cela ne valait pas la peine d'attendre quelques mois car si les Alliés ne se doutaient pas de la formidable déculotté qu’allait être Stalingrad pour les nazis, ils imaginaient que ce front de l’Est s’enliserait en hiver.

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En ces temps difficiles, il convient d'accorder notre mépris avec parcimonie, tant nombreux sont les nécessiteux.Citation de François René, vicomte de Chateaubriand  
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MessageSujet: Re: Le débarquement de Dieppe   Mer 21 Mar 2012 - 18:44

Bonjour! Comme canadien et , surtout , comme québécois le Raid de Dieppe demeure un douloureux souvenir. Je crois qu'à l'époque, beaucoup de '' Canayen '' se sont senti floué, utilisé comme chair à canon dans une opération qui ne fut qu'un désastre. Il suffit de lire les journaux de l'époque ( La Presse, La Patrie, etc...) pour constater l'ampleur de l'échos que cette opération raté a eu chez nous. Il ne faut oublié que c'est la première fois qu'un régiment du Québec( Fusiliers Mont-Royal ) est envoyé au combat. ( à l'exception du Royal rifles de Québec à Hong Kong en décembre 41 ) De plus, ce qui augmente le ressentiment des québécois de l'époque c'est qu'ils ont l'impression qu'encore une fois des'' ptits canayen '' ce sont fais avoir par les anglais. Ce que l'on ne sait pas à l'époque c'est que uoi le plan a été pensé par les anglais mais que le haut commandement canadien c'était gardé un droit de regard sur le plan de l'opération avant d'engager ses troupes. Rien ne fut changépar nos généraux et le plan accepté telquel. Ces même généraux ( Crérar ) ce retrouveront deux ans plutard au commade des troupes canadienne en Normandie. Seul Mcnnaughton sera pointé du doigt dans cette affaire. Encore aujourd hui le mistère plane sur qui fut responsable de quoi puisque la plupart des documents relatif à cette opération ont été détruit.

A+ Pascal.
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francis.d
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MessageSujet: Re: Le débarquement de Dieppe   Mer 21 Mar 2012 - 20:39

Bonsoir,

Que le ressentiment des Canadiens, en majorité du Québec, soit tenace est bien compréhensible. Font-ils allusion à l'attitude et aux réactions du gouvernement de Vichy ?

Nous avons déjà relaté les réactions allemandes. Qu'en fut-il à Vichy ? Pour y voir clair, attardons-nous sur le procès de Pétain.

En date du 15 août 1945, l'arrêt de la Haute Cour de Justice où comparaissait Pétain, mentionne parmi les chefs d'accusation (ndlr : à propos du raid de Dieppe, texte souligné en gras par mes soins)
Citation :
Attendu que s'il est peu probable que cette politique ait trompé les Allemands, elle a eu, par contre, pour effet certain d'égarer un nombre considérable de Français qui, de bonne foi, sous la caution d'un maréchal de France et au vu de nombreux textes émanant de la main de celui-ci, et dont le sens était non-équivoque (lettres à Hitler, lettre au roi George VI, à Roosevelt, félicitations pour le "nettoyage de notre sol" après la tentative manquée du débarquement anglais à Dieppe, innombrables messages où étaient flétries les agressions anglo-américaines, etc...) ont cru que le devoir était d'abandonner nos anciens alliés et de participer à une collaboration avec l'Allemagne, en vue de l'établissement d'un nouvel ordre européen (....)
L'arrêt fait mention du communiqué qui, au lendemain du raid, fut publié dans la plupart des journaux :
Citation :
Le commandant en chef de la région Ouest (OB West) a reçu du Militärbefehlshaber in Frankreich le télégramme suivant :
Le maréchal Pétain et M. Pierre Laval, chef du gouvernement, ont prié M. de Brinon de transmettre au haut commandement allemand en France leurs félicitations pour le succès remporté par les troupes allemandes qui, pour leur défense, on permis le nettoyage rapide du sol français.
Sera également publiée dans les journaux, la réponse des Allemands :
Citation :
Le commandant en chef de la région Ouest remercie le maréchal Pétain et M. Pierre Laval, chef du gouvernement, de leurs félicitations pour le rapide et complet succès remporté lors des opérations de défense de débarquement près de Dieppe, le 19 août. L'attitude de la population mérite une particulière reconnaissance. Le calme le plus absolu règne à Dieppe. Dans l'après-midi même du jour où a eu lieu l'attaque, toutes les affaires avaient repris leur cours normal.
Un autre message portant la mention "signé : Ph. Pétain" figure également au dossier de l'instruction. Le Ministère public a retenu en effet, contre Pétain, un document qui n'est autre qu'une proposition de collaboration militaire :
Citation :
De Vichy, le 21 août à 18 h. 40. Message n° 514.

Veuillez remettre immédiatement à M. de Grosville, cabinet de M. Benoist-Méchin, Hôtel Matignon, le message suivant:

Monsieur le Chancelier.
Après un entretien que je viens d'avoir avec le président Laval, et en raison de la dernière agression britannique qui s'est déroulée cette fois-ci sur notre sol, je vous propose d'envisager la participation de la France à sa propre défense.
Je suis prêt à examiner les modalités de cette intervention comme l'expression sincère de ma volonté de faire contribuer la France à la sauvegarde de l'Europe.
Veuillez agréer, etc...
Signé : Ph. Pétain.
- Pétain nia en être l'auteur du télégramme
- Ce télégramme ayant été publié dans toute la presse, Pétain n'en aurait-il pas pris connaissance ? A cette question du juge, Pétain répond :
Citation :
Je ne l'ai pas su. Tout s'est passé en dehors de moi. Personne de mon entourage ne m'en a parlé. Je n'ai jamais eu connaissance, ni avant, ni après, de l'existence de ce télégramme (...) Personne de mon entourage ne m'en a parlé. Je n'ai rien vu te tel dans les journaux que j'ai lus et, en définitive, je crois qu'on n'a pas osé m'en parler.
- Interrogé sur son entourage :

Citation :
(...) jamais on ne me parlait de ce que l'on croyait m'être désagréable(...)
Etonnant tout de même que Pétain soit resté dans l'ignorance totale de ce message de félicitations alors que, même en Belgique, la presse y fit mention.

Aucun des destinataires de l' Hôtel Matignon ne se souvient avoir pris connaissance de ce document. Par contre, Mme Mittre (secrétaire et même un peu plus de Fernand de Brinon), aurait reconnu qu'elle avait, elle-même, mis au dossier Pétain, emporté par de Brinon dans sa valise, le message n° 514.
Par ailleurs, la personne, chargée des transmissions télégraphiques entre le ministère de l'Intérieur et les bureaux de De Brinon, vu l'importance du message, a gardé un souvenir précis de l'opération.
Le message lui aurait été remis par Charles Rochat (secrétaire général aux Affaires étrangères).
A la question posée de savoir si le texte était signé de la main du maréchal Pétain :
Citation :
Le texte original était manuscrit, sur papier à en-tête du chef de l'Etat. L'écriture m'était inconnue. A la fin, était inscrite la mention : "Signé Ph. Pétain", mention qui a été transmise en même temps que le texte (...)
Je connaissais l'écriture de M. Rochat, celle de Laval, et j'ai pu me rendre compte que le texte en question n'était pas de leur main.. Quant à l'écriture du Maréchal, j'ai seulement eu l'occasion d'en voir sur des affiches, aussi ne puis-je me prononcer et vous dire si les message en question a été, ou non, écrit par le Maréchal.
Cordialement,
Francis.D
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Gustite
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MessageSujet: Re: Le débarquement de Dieppe   Dim 19 Aoû 2012 - 22:13

Un retour sur ce post écrit par Éric, et qui rend hommage principalement à nos amis Canadiens lors de ce débarquement le 18 aout 1942

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Salutations amicales
Didier
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Le débarquement de Dieppe
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