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 Le Red Ball Express

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André
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MessageSujet: Le Red Ball Express   Mer 19 Juin 2013 - 10:56

Bonjour,

Citation :
Lors de la Seconde Guerre mondiale, le Red Ball Express était un important système de convoyage routier mis en œuvre par les forces alliées après la percée marquant la fin de la bataille de Normandie. Il reposait sur un itinéraire en boucle à sens unique entre Cherbourg et Chartres puis, avec l'avancée du front, étendu en deux branches vers le nord et l'est de la France. Ce système a fonctionné du 25 août 1944 au 16 novembre 1944 et la remise en service du port d'Anvers. Le terme Red Ball provient du vocabulaire ferroviaire américain et s'applique au transport express. Le nom de Red Ball Express est parfois utilisé dans un sens plus étendu en faisant référence à l'ensemble des transports routiers militaires alliés en Europe de l'Ouest.

source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Red_Ball_Express

Carte du Red Ball Express


Panneau du Red Ball Express


Camions et jerrycans américains



Mon grand-père qui était jeune gendarme à l'époque, avait été chargé avec ses camarades de surveiller l'une de ces routes de ravitaillement. Lorsqu'il faisait froid, les Américains leur lançaient des jerrycans pour qu'ils puissent faire un feu pour se réchauffer. A l'époque l'essence coulait à flot!

L'un de ses jerrycans conservé par mon grand-père avec une pompe américaine,

J'ignore en revanche si le bec verseur est bien américain mais il me l'a donné avec.


Dernière édition par André le Mer 19 Juin 2013 - 12:04, édité 1 fois
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Daniel Laurent
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MessageSujet: Re: Le Red Ball Express   Mer 19 Juin 2013 - 11:41

Bonjour,

En complément, un extrait du blog de Catherine Desjardins, blog qui hélas n'existe plus.
La mère de Catherine est Française et son père l'un des Afro-américains qui formaient 75% des chauffeurs du Red Ball Express.

Sur la Piste du Red Ball Express
 
Je suis née au mois de Juin 1946 en Normandie, à Caudebec-les-Elbeuf, Seine Maritime. 
Thomas May, originaire de Chicago, soldat -Américain dans la 4010th company est mon père. Je ne l’ai jamais rencontré.
J’ai su très tôt qui était mon père. Ma mère avait une photo de lui, une de sa jeune sœur Carolyn, ses adresses civile et militaire, celle de sa mère et de l’une de ses sœurs. Il lui avait donné des 78 tours de marches militaires de l’armée américaine que je possède toujours.
Ma mère était célibataire quand elle connut mon père, elle ne s’est jamais mariée et n’a pas eu d’autre enfant que moi. Elle parlait de lui comme d’un homme gentil, intelligent, un « gentleman ». Ils ont correspondu, car quand j’étais petite, je dépliais des lettres venues d’Amérique « par avion ». Plus tard, je décollais soigneusement les timbres pour ma collection. Ma mère a jeté ces lettres durant mon enfance, disant que « ça n’avait aucun intérêt ».
Au fil des années, elle m’a raconté : A la libération, elle allait danser. A l’automne 1945, dans un bal, elle apprit que les soldats Noirs n’avaient pas le droit d’inviter les femmes blanches. Elle s’offusqua, disant que les Américains n’allaient pas recommencer en France ce que les Nazis avaient fait avec les Juifs. Elle est allée en inviter un, c’était mon père. 
Connaissant ma mère, ils ont du refaire le monde. C’était une femme instruite, intelligente, une femme de conviction, fière d’avoir fait grève en 1936. Son auteur préféré était Victor Hugo. 
Mon père a quitté la France en janvier 1946. Je suis née au mois de Juin. Il a reçu des photos de moi, la dernière quand j’avais 18 mois.
Ma mère avait 10 ans de plus que mon père, 40 ans à ma naissance. Elle vivait avec ses vieux parents et son salaire complétait leur maigre retraite. A cette époque, partir en Amérique relevait de l’épopée, surtout si l’on avait à peine de quoi vivre.
Et puis il y avait la ségrégation. Elle l’avait vue de très près, mon père lui avait raconté sa vie à Chicago. Durant sa grossesse, elle continua à se documenter et ce qu’elle apprit la conforta dans sa décision. Si difficile que soit la vie, elle serait meilleure pour moi et pour elle en France.
Ma grand-mère, enragée qu’elle soit enceinte d’un homme de couleur, voulait qu’elle se « lave » un peu de sa faute en allant dénoncer mon père pour viol, elle refusa. On la somma de quitter la maison, de m’abandonner à la naissance, elle vécut un enfer mais ayant une forte personnalité, résista à tout.
Cependant, dès ma naissance, ma grand-mère s’improvisa nourrice en chef, mon grand-père repeupla le poulailler et se remit avec ardeur à cultiver le jardin. Il échangeait ses productions contre du lait, de la laine. Ma mère rangea ses livres et se mit à tricoter.
J’ai été élevée comme une princesse entre mes deux vieux grands-parents et ma mère. Je n’avais pas besoin de faire des caprices : mes désirs étaient des ordres.
Mais les choses changent. Mon grand-père mourut après ma grand-mère alors que j’avais 9 ans, ma mère se sentait très fatiguée et en même temps j’ai découvert le racisme et ses effets sanglants, un troupeau de gamins déchaînés s’acharnant sur des cheveux crépus, excités comme des chiens sur un gibier. Je sais pourquoi les Noirs courent vite. Moi, nulle partout à l’école, je battais tout le monde à la course. 
Ma mère comprenait beaucoup de choses, mais les manifestations de racisme la stupéfiaient. Elle allait toujours fièrement, la tête haute malgré sa petite taille, rembarrant sans ménagement les curieux, les impolis, juste un minimum de compassion pour les pauvres gens à l’esprit obtus.
A cette époque, une seule petite fille m’a défendue et fut longtemps ma seule amie. J’admirais ses longs cheveux noirs et raides. Sa mère était une jolie femme, célibataire. Son père, reparti comme le mien, était un soldat Américain, un Native. 
A un concours de beauté pour petites filles normandes organisé par le Journal d’Elbeuf, Dominique eut le premier prix, moi le deuxième. Nos mères hurlèrent de rire devant nos photos en première page.
Chez moi, ça n’était jamais la saison des réponses quand je questionnais sur mon père on répondait : « Il est parti, tu ne le reverras jamais, n’y pense pas.». Comment faire quand on demande : « Et toi, d’où tu viens ? » ouvrant ainsi la brèche que j’avais dans le cœur. Ma mère s’exaspérait: « Mais tu es d’ici ! »
Cependant, elle suivait de très près l’actualité, jubilait en me racontant les marches de Martin Luther King, râlait quand j’écoutais mon idole – Elvis Presley – disant que c’était un blanc qui avait piqué cette musique aux noirs. Et quand je lui demandais pourquoi elle, blanche, les défendait, elle répondait « Il n’y a pas de quoi être fier, avec ce que les blancs ont fait dans le monde ».
Elle a travaillé pour moi jusqu’à l’usure. Quand j’ai eu 14 ans, elle m’a offert un Solex payé à coups d’heures supplémentaires le soir, le samedi après-midi, alors qu’elle pédalait sur l’unique vélo de sa vie, acheté en 1936.
A l’âge de 19 ans, elle m’a encouragée à quitter Elbeuf et je suis partie, toute seule, pour travailler à Paris. Je n’en pouvais plus de cet esprit étriqué, de la bêtise qui suintait même des murs, d’être la seule personne de couleur dans cette ville, de répondre interminablement aux questions, d’entendre des commentaires désobligeants. Je savais que je n’y vivrais plus jamais, sauf pour des week-ends pendant lesquels je ne mettais pas le nez dehors.
A Paris, avec ma coiffure afro, j’ai défilé pour demander la libération d’Angela Davis, de Nelson Mandela, écumé les boîtes de jazz, découvert la littérature Afro-Américaine, bref, j’ai commencé à me sentir « de quelque part ».
La photo de mon père et la carte portant son adresse étaient avec moi. Beaucoup plus tard dans ma vie, j’ai commencé à entreprendre des recherches.
Le Privacy Act protège les citoyens américains. Aucune administration ne transmet d’adresse. Les lettres envoyées me sont revenues.
Mon dossier est plein de lettres envoyées aux associations d’anciens Combattants d’ici et de là-bas, à des ministres, aux maires des villes du débarquement, à des personnalités, des journalistes, et de réponses, toutes négatives. Il est arrivé aussi que de simples quidams me proposent une aide spontanée puis disparaissent dans la nature, me laissant attendre interminablement.
Dans mes rêves d’enfant, l’Amérique noire (que je ne voyais d’ailleurs nulle part sur les écrans) était peuplés de gens bons chrétiens, affables et polis. J’ai reçu un coup sur la tête vers l’âge de 40 ans alors que je me documentais sur les soldats Africains-Américains, ici, en France : meurtres pillages, exactions, viols. Aucun rapport avec l’image de mon père. 
Complètement ébranlée, j’ai interrogé ma mère et me suis fait remonter les bretelles car je lisais des « torchons ».
Sporadiquement, je partais en chasse, me lamentant, car je n’avais pas les moyens d’engager un détective privé comme on me l’a souvent conseillé.
Oublier, oublier…comment faire ?
Mon fils, Nicolas, a 7 ans. Au hasard d’une balade dans Paris, il voit le dôme du musée des Invalides et demande à le visiter. Nous traversons au pas de charge le Moyen-Age, entrons dans la salle consacrée à la IIe guerre mondiale, et je le vois soudain en arrêt devant une grande maquette avec des petits soldats. « C’est là qu’il était, grand-père ? » Moi, muette. « C’est grand-mère qui me l’a dit ».
Vers cette époque, je suis allée pour la première fois de ma vie à New-York. J’éprouvais une formidable joie secrète en marchant au milieu de la foule « comme moi », pensant que si, ici, j’avais dit « mon père est américain » On m’aurait répondu : « Mais le mien aussi ! » En même temps, je souffrais de savoir mon père si proche et si loin à la fois.
Après la mort de ma mère en 1995, je repris mes recherches, me sentant libérée d’une certaine culpabilité vis-à-vis d’elle. Les Vétérans me répondirent qu’ils avaient localisé mon père, il était donc vivant, me proposant de lui envoyer une lettre, ce que j’ai fait. Ils m’avertirent ensuite que la lettre avait été transmise.
Je n’ai pas eu de réponse et archivé mon dossier.
En février 2006, poussée des amis alarmés par ma tristesse permanente, j’ai trouvé sur Internet une association (dissoute aujourd’hui) de personnes nées de pères américains qui me mit en rapport avec deux femmes américaines, Kimsue et Rebecca, dont le père avait été parachuté vers Ste-Mere-Eglise.
Peu avant sa mort, il leur avait avoué avoir eu une histoire d’amour en Belgique d’où était née une fille. Elles se sont lancées à la recherche de leur sœur et l’ont retrouvée, mais désespèrent encore aujourd’hui que leur père n’ait pas eu le temps de la voir.
Ensuite, elles ont continué à aider des Européens à retrouver leurs racines. 
Je leur envoyai mon dossier. Quelques jours plus tard, j’apprenais que mon père était mort en avril 2005, qu’il avait eu 7 sœurs et un frère, tous morts à présent. J’avais donc une flopée de cousins et cousines.
Kimsue et Rebecca ont passé pour moi des centaines d’appels, épluché des listings, fonçant sur toutes les pistes possibles. Pour tout paiement, elles ne m’ont demandé qu’une photo de moi avec ma famille américaine.
En Novembre 2006, elles m’ont mise en contact avec une cousine de Chicago. En quelques minutes, j’appris que mon père était un homme formidable, qu’il avait été marié durant environ 40 ans avec une dame nommée Dorothy, qu’il n’avait pas eu d’enfant, mais parlait de sa fille de Normandie.
Après ça, ma cousine ne répondit plus, et n’envoya les photos promises que 4 mois plus tard, quand elle fut fatiguée de mon harcèlement. Je n’avais pas fait tout ce chemin pour m’arrêter là.
Malgré son intention évidente de couper les ponts, je me suis invitée dans la famille en Juin 2007, pour aller déposer sur la tombe de mon père un galet ramassé sur une plage de Normandie. Il m’a été impossible d’y accéder, et même de rencontrer des personnes proches de mon père. Durant ce terrible voyage, j’ai vu un appartement sordide que l’on m’a dit être celui de mon père. On m’a dit aussi que cette cousine avait jeté la lettre envoyée en 1996. Mon père l’aurait perdue. Je nageais en plein thriller, agrémenté quand même de quelques messes gospel. 
Puisqu’il avait été incinéré, je me suis accrochée à ses cendres, en dépit du mur de l’Atlantique monté par mes cousines. J’ai embauché une avocate qui en 8 mois, pour un prix adapté à mes moyens, a découvert que les cendres de mon père étaient restées, depuis son décès, en avril 2005, dans un sac plastique dans un funérarium de Chicago Sud.
La famille qui m’avait envoyé des photos du homegoing service de mon père où ils étaient tous chapeautés et élégants tomba des nues : « Comment était-ce possible ? Un Vétéran, quelle honte ! Personne ne le savait ! »
Et décida sur-le-champ d’organiser des obsèques en grande pompe au cimetière militaire Abraham Lincoln.
Revoir ces gens-là, partager dans l’hypocrisie, m’a semblé impossible. De plus, personne ne proposait de m’inviter, il me semblait indispensable que mes enfants participent, mais nous n’avions pas d’argent pour ce voyage. Après réflexion, j’ai demandé que l’on m’envoie les cendres de mon père par la poste. Le colis coûtait 50$, que Kimsue a envoyés parce que personne à Chicago ne pouvait payer une telle somme.
Le 21 juillet 2009, avec mes enfants, nous avons déposé les cendres de mon père à marée basse sur la plage de Courseulles, puis effectué un pèlerinage à Ste-Mère-Eglise avec la photo du papa de mes amies américaines en poche.
Avant, nous étions passés sur la tombe de ma mère où j’ai jeté quelques poignées de cendres. 
Ils sont morts au même âge, 89 ans, à 10 ans d’écart, exactement.






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Gustite
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MessageSujet: Re: Le Red Ball Express   Mer 19 Juin 2013 - 17:30

Un témoignage bouleversant qui démontre bien la cupidité des hommes en général... sortir de 5ans d'occupation par des nazis et être aussi raciste! Les gens autour de cette jeune fille de l'époque ont plus que la mémoire courte....attristant tous ça!

_________________
Salutations amicales
Didier
«Il n'y a que deux puissances au monde, le sabre et l'esprit: à la longue, le sabre est toujours vaincu par l'esprit.»NAPOLEON
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