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 Origine de la baïonnette

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Gustite
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MessageSujet: Origine de la baïonnette    Dim 24 Mar 2013 - 20:30

Cocorico ! Vous l’aurez deviné, les Américains n’ont pas la primeur de
toutes les inventions en matière d’armement, puisque la baïonnette est
une invention française et bien française.
Son nom vient en fait de
la région de Bayonne, où des paysans avaient eu l’idée d’emmancher une
pointe acérée au bout d’un long bâton dans le but d’en faire une arme.
Ceci n’est pas daté avec précision, mais remonterait sans doute au
Moyen-Age.
Dès 1642, le principe fut repris par l’armée de Louis XIV.
En effet, à l’époque de son père, l’infanterie se divisait en deux
catégories de soldats, les piquiers et les mousquetaires. Les premiers,
étant deux fois plus nombreux que les seconds, avaient pour mission
d’arrêter les charges de cavalerie.
Sous Louis XIV, le fusil remplaça
le mousquet, ce qui accrût fortement la cadence de tir des soldats,
mais ne suffisait pas encore à repousser à coup sûr la cavalerie. Afin
de rendre les troupes plus polyvalentes, on leur donna donc une
baïonnette, pointe de métal avec un embout en bois que l’on enfonçait
dans le canon pour recevoir la cavalerie une fois que le fusil avait
tiré. Ce dispositif mit donc fin à l’ère de la pique en 1642.
En
1689, la chose fut encore améliorée par l’invention (toujours française)
de la baïonnette à douille. La pointe de métal était maintenant fixée à
une bague que l’on enserrait autour du canon du fusil, ce qui
permettait de tirer alors que la baïonnette était en place.
Cette invention, avec celle de la grenade, contribua fortement à faire de l’armée du Roi Soleil la meilleure du monde...
Baïonnette française à douille modèle 1764
Sword Bayonet" britannique Lee Enfield modèle 1907
Baïonnette française Lebel modèle 1886
Baïonnette allemande Mauser modèle 98k (2ème guerre mondiale)
La
baïonnette à douille devait être adoptée par toutes les armées du
monde, et rester l’arme de corps-à-corps principale de tous les conflits
jusqu’à la fin de la première guerre mondiale, avec des variantes...
La
baïonnette anglaise adaptée au fusil modèle 1907 était une petite épée
qui faisait passer la longueur totale de l’arme de 1,10 m. à 1,50 m. La
baïonnette allemande était à peu près semblable, bien que la longueur
totale soit supérieure car le fusil Mauser était plus long. La
baïonnette française, elle, était différente : ce n’était pas une lame,
mais une pique cruciforme qui faisait passer la longueur totale du fusil
Lebel de 1,32 m. à 1,83 m. Sa forme « ergonomique » était prévue pour
que le combattant fasse un quart de tour vers la gauche avec son fusil
avant de ressortir la baïonnette du corps de son ennemi. Ceci était
censé provoquer une hémorragie interne qui ne laissait aucune chance de
survie à l’ennemi. Il faut dire que la doctrine de guerre française en
1914 était : « seul le mouvement en avant porté jusqu’au corps-à-corps
est décisif et irrésistible ». Une doctrine qui allait vite prendre du
plomb dans l’aile, c’est le cas de le dire, en face des redoutables «
machines à coudre » prussiennes.
Nos ennemis d’outre-Rhin ne furent
pas en reste, d’ailleurs, des variantes « imaginatives » de la
baïonnette. En effet, on constata avec horreur que les redoutables «
Stösstruppen » (troupes d’assaut) avaient pris l’habitude de cranter le
dos de la lame de leur instrument, ce qui avait pour effet très visuel
de faire ressortir toutes les tripes de la pauvre victime en même temps
que la lame. Les alliés intervinrent auprès de la Convention de Genève
(qui avait déjà été bafouée à coups de gaz toxiques et de lance-flammes)
pour faire interdire ce procédé barbare et obtinrent gain de cause. Les
petits malins qui étaient faits prisonniers alors qu’ils se
trimbalaient avec une « scie à tripes » étaient tout simplement fusillés
sur le champ. les Allemands abandonnèrent donc cet ustensile de cuisine
sans se faire prier.
Mais même dans les corps-à-corps (épreuve
redoutée entre toutes par les soldats même vétérans, dont les
témoignages rapportèrent que l’angoisse était presque insupportable
quand retentissait le fameux ordre de « baïonnette au canon ») la
baïonnette ne tarda pas à montrer ses limites dans l’environnement
confiné des tranchées de la guerre 14. Les soldats mettaient trop de
temps à la sortir du corps de leur ennemi, et c’était prendre un gros
risque au milieu d’une mêlée générale. De plus, rendus dans la tranchée,
les fantassins avaient le plus grand mal à manoeuvrer un objet aussi
long. La baïonnette française était inutilisable à la main. Les versions
anglaise et allemande l’étaient à la rigueur, mais manquaient
considérablement de maniabilité. C’est donc tout naturellement que les
vétérans remplacèrent progressivement les baïonnettes par des outils
portatifs comme les pelles de tranchée et des casse-tête de bois ferré
appelés « massues de tranchées ».
Quant aux troupes d’assaut
spécialisées dans le « nettoyage de tranchées », qui se créèrent dans
toutes les armées belligérantes à partir de 1915, elles optèrent pour le
revolver, la grenade et le couteau de tranchée, qui était en fait un
poignard beaucoup plus court que la baïonnette.
Pendant la seconde
guerre mondiale, la plupart des armées possédaient encore la baïonnette
réglementaire adaptable au canon du fusil (on ne se détache pas si
facilement des « bonnes habitudes »), mais celle-ci s’était souvent
raccourcie pour que le fantassin puisse l’utiliser à la main. Et dans
les faits, ils ne l’utilisèrent presque plus que de cette manière.
Par exemple, le fusil semi-automatique français MAS 36 (modèle 1936) mesurait 1,02 m. seul, et 1,32 m. avec la baïonnette.
Aujourd’hui
encore, le FAMAS, fusil d’assaut composite entièrement automatique en
service dans l’armée française depuis 1979, possède une baïonnette
adaptable au canon. Bien entendu, étant donnée la très faible longueur
du FAMAS, ce n’est qu’une arme d’apparat qui ne sert que pour les
défilés officiels, pour faire joli. La baïonnette elle-même est
toutefois assez courte pour constituer un redoutable couteau de
combat...

La charge de Twin Tunnels


Elle est réputée être la
dernière charge à la baïonnette officielle de l'armée française. Elle
eut lieu pendant la Guerre de Corée, le 1er février 1951.

A la
fin de la seconde guerre mondiale, la Corée fut libérée de l'occupation
japonaise par les Américains au sud et par les Russes au nord. Il en
résulta une partition du pays en deux états, l'un communiste, l'autre
capitaliste, comme en Allemagne. La frontière était sur le 38ème
parallèle. Mais le 25 juin 1950, l'armée du Nord envahit la Corée du
sud. Deux jours plus tard, la toute jeune Organisation des Nations Unies
décide une intervention armée pour aider la Corée du sud contre cette
agression. Une coalition de 21 pays, de l'Australie à la Turquie en
passant par les Pays-Bas et la Colombie, dirigée par l'armée U.S., sous
le commandement du célèbre général Mac Arthur, va aller soutenir l'armée
du sud mal en point. Les Coréens du nord, d'abord malmenés par cette
riposte, rétablissent ensuite l'équilibre avec l'aide de nombreuses
divisions chinoises envoyées en renfort par Mao.
Durant 3 ans, cette
terrible guerre, considérée par les historiens comme la dernière guerre
d'infanterie de l'histoire, va mettre aux prises 5 millions d'hommes,
provoquer la mort de 2,5 millions d'entre eux, et se terminer par un
status quo sur le 38ème parallèle.
La France envoya en Corée un
Bataillon composé de 1 017 volontaires en provenance de toutes les
armes. Intégré à la 2ème "Indian Head" U.S Infantry Division, le BF/ONU
sera de tous les coups durs pendant 3 ans. Au fur et à mesure que les
pertes seront comblées (280 morts, 1 350 blessés, 12 prisonniers et 7
disparus), c'est finalement 3 421 hommes qui auront pris part à ce
bataillon, commandé au départ par Raoul-Charles Vernerey, dit Monclar.
Le
parcours de ce dernier mérite qu'on s'y attarde quelques instants : né
en 1892, il entre à St Cyr en 1912 (après avoir fugué à 15 ans pour se
rendre... à la Légion Etrangère !). Blessé 7 fois durant la première
guerre mondiale, il la termine au rang de capitaine, réformé à 90 % pour
ses blessures. Dans l'entre deux-guerres, il intègre pourtant la Légion
Etrangère (son rêve de jeunesse) où il brille notamment durant la
campagne du Maroc en 1927. En juin 1940, il commande une demi-brigade et
s'offre la seule victoire incontestable des français sur l'armée
allemande, à Narvik en Norvège. Vue la situation calamiteuse au pays, il
ne peut l'exploiter et s'enfuit en Angleterre avec 500 hommes où il
forme immédiatemment un bataillon des Forces Françaises Libres. Après le
débarquement en Afrique-du-Nord, il ridiculise l'armée Italienne en
Erythrée où 14 000 soldats de Mussolini sont capturés. En 1950, à la
veille de la retraite, il est général de corps d'armée, lorsqu'il se
porte volontaire pour commander le BF/ONU en Corée. Pour ce faire, il
n'hésite pas à être rétrogradé au grade de lieutenant-colonel ! Un an
plus tard, frappé par la limite d'âge, il doit (à regret, on l'imagine)
céder son commandement. Gouverneur de l'Hôtel des Invalides en 1962,
lui-même invalide à 100 %, Chevalier de la Légion d'Honneur, titulaire
de 17 citations à l'ordre de l'armée, de la Military Cross britannique,
de la Silver Star américaine, et de N autres décorations étrangères, il
meurt en 1964. Ouf.
Quant au Bataillon de Corée, sans même prendre le
temps de rentrer au bercail, il paiera également de sa personne en
Indochine et en Algérie, où il sera rebaptisé 156 ème régiment
d'infanterie avant d'être dissous dans les années 60. Mais revenons à
notre fameuse charge à la baïonnette...

A gauche, le lieutenant-colonel Monclar, commandant du BF/ONU. A
droite, le Général américain Douglas Mac Arthur, commandant des forces
de l'ONU en Corée.

Le 1er février 1951, le BF/ONU se retrouve
encerclé à Twin Tunnels, près de Chipyong Ni, par la 125ème division de
volontaires chinois, à près de 30 km en avant de la ligne de front des
alliés.
Après avoir repoussé un grand nombre d'attaques ennemies, les
français déclenchent une contre-attaque victorieuse à la baïonnette
pour se dégager de leur encerclement. Cette charge met la 125ème
division chinoise hors de combat. Les pertes françaises à Twin Tunnels
sont de 32 tués et 180 blessés.

Ce fait d'armes eut un
retentissement international, tout particulièrement aux USA où il fut
porté aux nues par la presse. Il valut d'ailleurs au BF/ONU une
"citation présidentielle" outre-atlantique.

Le général Ridgway, commandant la 2ème division US "Indian Head",
passe en revue le BF/ONU en février 1951, après la victoire de
Chipyong-Ni
Ordre du jour du Général Ridgway, Commandant la 2° D.I. (février 1952) :

"Sujet : la baïonnette"
"
La baïonnette n’est peut-être pas la dernière arme secrète de l’armée
des Nations-Unies, mais elle a un pouvoir agressif indiscutable. J’ai
entendu parler deux fois de la baïonnette dans la guerre de Corée, une
fois par les Turcs, une autre fois par les Français.
Il sera rappelé à toutes les unités que cet instrument n’a pas été inventé uniquement pour ouvrir les boîtes de conserves."

Signé : Ridgway.

Sources :Net

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ndlorette
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MessageSujet: Re: Origine de la baïonnette    Lun 25 Mar 2013 - 9:08

Voilà un beau sujet bien complet!
Je ne connaissais pas cette derniere attaque française à la baionnette. cheer
ndlorette
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ndlorette
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MessageSujet: Re: Origine de la baïonnette    Lun 25 Mar 2013 - 19:03

Ma petite participation...
La 1886 de l'arrière grand père paternel, tout d'origine, idem pour le ceinturon. le porte baio n'est pas complet, cassé au front d'après les dires.
Le fourreau est percé au bout, ce qui fut le cas à partir de 16/17 je crois afin d'évacuer l'eau à l'intérieur du fourreau ainsi que la boue liquide.


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Gustite
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MessageSujet: Re: Origine de la baïonnette    Lun 25 Mar 2013 - 19:20

Merci du complément Fred, cela apporte de l'eau à mon moulin Very Happy

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